Le travail à Manbulloo

Quelle aventure ! On est arrivé dans l’une des villes les plus moches qui soit dans l’espoir de trouver un petit boulot, stacking, packing, histoire de mettre de l’argent de côté et de continuer notre voyage et on s’est retrouvé finalement avec deux opportunités incroyables.

Manbulloo, la ferme-entreprise

En France on a l’image des fermes, un fermier s’occupant seul ou avec quelques employés de son exploitation. Ici on trouve des fermes qui ressemblent plus à des usines qu’à des fermes ; Koorelah par exemple est une grosse ferme, mais ici on a vraiment à faire à une entreprise avec un siège social (situé à Brisbane), 2 Shed (usine) à Katherine et Giru, ainsi que 4 fermes.

Le shed de Manbulloo Giru - Horseshoe Lagoon

Le shed de Manbulloo Giru – Horseshoe Lagoon

Pour vous donner un ordre d’idées, il y a plus de 50 pickers à Manbulloo Giru, 10 personnes pour traiter les champs, ramasser les bines, etc et une quarantaine de personnes dans le Shed.
Le site de Katherine (près de Darwin, en Northen Territory) est presque 2 fois plus gros que celui de Giru.

Manbulloo reçoit de nombreuses récompenses chaque année pour la qualité de leur Mangue, ils se démarquent sur le haut de gamme et ils produisent du haut de gamme (hein Koorelah).

Ils possèdent également l’un des 2 seuls VHT (Vaporisation Heat Treatment) de toute l’Australie.
Ce système de traitement par vaporisation permet au fruit de conserver toutes ses qualités puisqu’il est stérilisé est répond donc aux normes drastiques d’expédition vers certains pays, comme en Corée ou en Chine. Les palettes de mangues sont expédiées par avion vers de nombreux pays (Canada, USA, Japon, Corée, Angleterre) et sont vendues à des prix pouvant atteindre 15 euros pour 2 mangues.

Manbulloo suit la dynamique de sa charismatique fondatrice Marie, qui a reçu le prix 2015 de la business woman de l’année.

Après 2 mois et demi à bosser 7j/7 nous avons fini le boulot le samedi 9 janvier.
Il est temps de dresser le bilan.

Un bilan plus que positif !

Pourquoi ? Parce qu’on nous a donné notre chance et qu’on nous a fait confiance.

On s’est tout de suite senti bien dans cette entreprise où en plus les responsables ne nous considèrent pas comme des espèces d’immigrer (nous, les seuls français et même les autres backpackers, pour la plupart Allemands, Chinois, Taïwanais ou Japonais).

C’est un réel plus pour notre carrière.
Professionnellement
, le gain est total, c’est ici notre première expérience international, bien avant ce qui était prévu, d’autant plus que ça suit notre parcours français : « Post-Pack Supervisor » pour Kévin (responsable d’une équipe de 6 personnes) et pour Julia « Administration Officier » et « Account Manager » (gestion de la facturation, des temps de travail avec une partie RH pour les contrats de travail, la législation et les visa, téléphone, mails et beaucoup bien d’autres choses comme les expéditions, etc).

#Office

Mais c’est avant tout une victoire personnelle car on a le sentiment d’avoir accompli quelque chose de grand, un énorme pas en avant.
Ça a été un véritable défi et nous sommes fières de l’avoir relevé.
On a eu de gros coups durs, surtout pour Julia qui avait de plus grosses difficultés en anglais et qui pour compliquer la chose, c’est un travail où comprendre est extrêmement important.
Du côté de Kévin pas de pétage de câbles mais un véritable challenge reposé sur le management et ce n’est pas toujours facile, surtout en anglais.

Kévin a même eu droit à ses premiers cours de conduite de forklift, et en anglais je vous pris :)

Kévin a même eu droit à ses premiers cours de conduite de forklift, et en anglais je vous pris :)

On a eu notre compte côté ascenseur émotionnel : « cool on a un boulot – génial ce sont 2 super postes – oh mon dieu c’est carrément la galères – bon ça va mieux – oh regalère – oh punaise on y est arrivé ! ».

En tout cas malgré le fait que par moment on ne comprenait pas leurs explications, à aucun moment ils n’ont remis nos postes en question, ils prenaient juste le temps de nous réexpliquer.

Autre point beaucoup plus négatif (mais personne n’y peut rien) : les conditions météo.

L’environnement a été très difficile à supporter. Dans cette région tropicale il fait très chaud, trop chaud (~40°), avec un taux d’humidité très important, ce n’est pas pour rien qu’il conseil de fuir cette région pendant la saison des pluies dans tous les guides car vivre par ces chaleurs est dur mais y travailler c’est une autre histoire, sans parler des nombreuses inondations.

#inondation

Inondations

On a aussi eu droit à des pluies torrentielles, jusqu’à 12 cm certains jours et pour vous dire, le jour du Nouvel An on a pratiquement passé 1 heure pour dégager le van embourbé.

#van

Aïe

Pour couronner le tout on a vécu notre première tempête tropicale, qui pour nous ressembler à un cyclone avec des vents d’une force phénoménale (notre porte de coffre n’a pas résisté), et notre table qui s’est envolée jusqu’à on ne sait où, sur plusieurs kilomètres. Effrayant !

RIP notre chère table, tu nous manqueras.

RIP notre chère table, tu nous manqueras.

Mais probablement la chose la plus contraignante de toutes : qui dit région tropicale et pluies abondantes dit forcément moustiques. Des nuages entiers, des centaines chaque jour qui nous ont empoisonné l’existence, perturbé nos repas ou notre sommeil comme si dormir quand il fait encore 35 degrés ne suffisait pas.

Quand il fait trop chaud pour dormir il n'y a plus qu'une solution: le système D porte ouverte et moustiquaire

Quand il fait trop chaud pour dormir il n’y a plus qu’une solution: le système D porte ouverte et moustiquaire

On a eu droit également à une invasion de papillons de nuit un soir, un peu comme dans la bible avec les crickets, des centaines et des centaines volant dans une toute petite pièce et cherchant à se faufiler partout.

Autre solution: attirer les insectes vers les portes des gens qu'on apprécie moins en allumant la lumière de leur perron ^^ (croyez-nous, celle-là elle le méritait bien) !

Autre solution: attirer les insectes vers les portes des gens qu’on apprécie moins en allumant la lumière de leur perron ^^ (croyez-nous, celle-là elle le méritait bien) !

Sans parler des araignées et serpent qui grouillaient dans les parages. Julia en a fait les frais un matin en retrouvant une araignée dans sa chaussure.

#snake

Enfin, sur le plan financier on a mis plus d’argent de côté (beaucoup plus !) en 2 mois de boulot ici, qu’en 5 mois dans notre ancienne ferme.
Pour vous donner un ordre d’idée, avec un salaire à la semaine à 4 chiffres (impôts déduits, etc), on pouvait mettre jusqu’à 2200$ de côté par semaine.
Pas étonnant, la saison des mangues est celle qui en générale, rapporte le plus d’argent. Ayant en plus de ça des postes à responsabilités, forcément nos nombres d’heures étaient encore plus importants que la plupart des employés mais ce qui implique aussi une énorme fatigue (Kévin a fait des semaines à 85h), c’est loin d’être évidant.

Voilà, vous savez presque tout de notre boulot à Manbulloo Giru.
Ce bilan est positif de chez positif compte-tenu de nos supers postes qui vont faire tout beau sur notre CV (car bien souvent ce genre de poste est réservé aux Australiens), pour notre progression en anglais ainsi que les rencontres qu’on y a fait.
Pour couronner le tout, lorsqu’on a annoncé qu’on voulait revenir l’an prochain, notre responsable avait l’air ravi et nous a assuré qu’on avait notre poste.

Quelle fierté nous avons éprouvé lorsqu’en remerciant le directeur de l’usine pour la chance qu’il nous a donné, a répondu à Kévin qu’il avait vraiment fait un excellent travail, et quand Julia a annoncé qu’on allait peut-être reprendre des cours d’anglais entre temps, il a répondu « ton anglais n’est peut-être pas excellent par contre ton travail lui l’est ». Imaginez notre fierté quand on entend ces paroles …

Bref, Manbulloo restera un de nos moments fort de l’Australie, avec aussi des couchers de soleil incroyable accompagné de kangourous galopant à quelques mètres.

Another day in Australia - VoyageDesFruits

La vue depuis notre van

La vue depuis le van

Smush, une belle rencontre :)

Smush, une belle rencontre :)

La suite ?
Nous avons quitté Manbulloo aujourd’hui ; un périple de 3500 kms nous attend en van pour rejoindre Melbourne.
Plusieurs stops sont à prévoir ;)

2 réponses à “Le travail à Manbulloo

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